propos

Les différents projets portés par la compagnie témoignent d’un goût certain pour la recherche formelle autour de l’écriture, ainsi que de la conviction que le corps peut-être le lieu d’expérimentation et de questionnement, la création un moyen de répondre à des problématiques intimes et universelles. On retrouve ainsi au fil des travaux de la compagnie une quête constante de l’essence des choses, de la recherche des plus petits éléments qui composent un tout.

La narration et les personnages sont assez peu présents dans le travail de Small Room : la recherche autour de la sensation conduit l’écriture chorégraphique vers l’abstraction, tout en gardant un ancrage très fort vers la matière, la dimension concrète du geste ou la mécanique physiologique du corps. Ainsi, l’imaginaire s’appuie sur des éléments tangibles attrapables par tous. Les figures, plutôt que personnages, sont des corps sensibles : l’écriture révèle ce qu’elles traversent et comment elles le traversent, plutôt que qui elles sont ou d’où elles viennent.

Les créations de Small Room comportent aussi une dimension sonore et visuelle forte. Pour chacune des pièces, Elodie Escarmelle s’entoure de collaborateurs pour créer un espace sonore unique, souvent joué en direct. Lorsque la musique est absente, c’est le son du lieu, du mouvement, du corps dansant et des sa respiration qui font l’atmosphère de la pièce. De plus, qu’il s’agisse de formes scéniques ou de créations hors-plateau, la dimension spatiale est toujours interrogée : la danse occupe l’espace comme une œuvre plastique, investi les volumes, les architectures, explore le plateau jusqu’au murs, rompt le rapport frontal avec le public.

Héroïne, prochaine création de Small Room s’inscrit résolument dans cette démarche et continue d’explorer le langage chorégraphique, visuel et sonore qui font la singularité de la compagnie.

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